Première page | <<< | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | >>> | Dernière page
A la une Docteur Zélie et Mister Grenouille 2



 

Le méphistophélique mois de septembre arrive et une seule pensée agite les esprits de plusieurs millions de personnes sur cette terre : « les études et vies follement rok’n’roll de DZ et MG vont-elles les empêcher de venir nous pénétrer de leur vision du cinéma et doit-on s’attendre à une année de deuil interplanétaire ou arriveront-ils assez à jongler avec leur emploi du temps pour penser, tel Gad Elmaleh avec Coco, « au public d’abord » et nous repaître de ce qui nous nourrit, nous, cinéphiles et fans ? »

A cela, lecteurs, amis, fans, cinéphiles, tripiers, nous ne répondrons qu’une chose : ou plutôt nous serions tentés de le faire, histoire de laisser un bon mot indélébile dans vos mémoires et ainsi de marquer notre passage aussi sûrement qu’en urinant aux quatre coins de la blogosphère (ce qui n’est pas à proprement parler interdit (j'ai pas vu d'affiche) voire possible d’ailleurs, mais il reste une probabilité peu équivoque pour que nous soyons par cet acte cavalier définitivement exclus du club 300 auquel, par précaution, nous n’appartenons même pas – vous direz « calculateurs », nous dirons « prévoyants , voire intelligents et coquins »).

Mais non ! Ne craignez pas en ces temps maudits une baisse de régime de notre part ! (quelle idée saugrenue, en plus). D’abord parce l’amour du cinéma guide notre plume plus sûrement qu’un GPS japonais stimulé par des obstacles vivants sur sa trajectoire, ensuite, et surtout, parce qu’on tient à notre emplacement privilégié, nous, juste à coté du traiteur chinois en cas de graille sauvage pendant une critique, même s’il n’est marqué qu’à la craie sur le trottoir, et un peu effacé par la flotte locale, si on ne monte pas la garde, on va se faire piquer la place par un maraîcher autochtone, imaginez le bordel ambiant.

Donc, on bouge pas. Qu’on se le dise.

Voilà, et maintenant que c'est dit et que le monde tremble devant notre cahute dans laquelle se mijotent sans aucun doute les plans les plus infernaux, on retourne pour la bonne cause se pieuter jusqu'à la rentrée-merci-d'être-passé-bien-des-choses-à-votre-épouse-bonsoir.



 
Panique au village
"Mais où ils sont passés ces deux cons ?"
-Cheval-


Gebeka Films

Un film de Vincent Patar et Stéphane Aubier


Docteur Zélie : On insinuerait dans les salons de littérature  et de critique d’art cinématographique qui fleurissent dans les capitales branchées que j’aurais cessé d’écrire dans notre pétulant et néanmoins authentiquement punk blog (dur à prononcer, ça), que je serais partie aux Cahiers du Cinéma, voire à Positif, que j’aurais envisagé une carrière à la Cinémathèque française, que je serais membre éminent et pourtant douce et humaine du jury du prochain festival de Cannes, que j’aurais signé avec la Fox pour une prochaine adaptation en vingt-sept films de ma vie… non.


Pas encore.

Panique au village est un film que tout individu ayant la foudroyanteGebeka Films opportunité de voir ne devrait laisser passer à aucun prix sous peine de recevoir l’inquisition espagnole chez lui. C’est le Masque et la Plume qui l’a dit. Après, faire le choix de leur désobéir, pourquoi pas, moi ça me parait dangereux, j’aime mon confort, je préfère me soumettre, j’ai dans la même optique été scrupuleusement voir Le ruban blanc, Irène et Les herbes folles, sait-on jamais, peut-être que leur fine équipe traine sur Allocine en vue de châtier les amateurs du dernier Jeunet. Peut-être qu’ils nous lisent. Peut-être qu’ils sont mymp.

Il y a un million de raisons pour lesquelles Panique au village est une pure seringue d’adrénaline bien condensée directement dans la veine du coude, et commençons par les personnages, surprenants et enthousiasmants (je veux bien évidemment parler de ce merveilleux fermier, Steven de son état civil, un gueulard de premier ordre qui beugle comme un putois dès qu’on frappe chez lui « Qu’est-ce que t’as, tu veux casser ma porte ?! », « Touche pas à mon tracteur ! »), placés au cœur d’une histoire délurée et, allons-y osons le terme soyons des fous dans notre tête, complètement cinglée. Démarrer sur un barbecue d’anniversaire et finir sur la banquise était une entreprise délicate, menée à bien justement parce que le scénario ne se pose aucun souci de vraisemblance (oui, puisque vous posez la question, les chevaux respirent sous l’eau, voilà, c’est dit, l’info est lâchée). Parallèlement, Gebeka Filmsle film choisit une voie réaliste, et fourmille de petits détails qui contribuent à rendre les lieux plus crédibles (j‘ai pas dit les Dardenne non plus, la tartine de Nutella qui fait six fois le personnage dézingue un peu mon argument en plein vol). Par ailleurs, l’effet de surprise ne cesse jamais tout à fait, il y a même une sorte de gradation qui donne l’impression que les personnages ont toujours quelque chose sous le coude à nous sortir à la minute où on se sera habitués à eux (le portable qui sonne alors qu’ils sont bloqués au-dessus de la lave en fusion, par exemple) (oui, lave en fusion).

La grande tendresse que ressentent de toute évidence les auteurs par rapport à leurs créatures est tout à fait visible : ce sont des jouets, et des personnages un peu innocents, qui évoluent dans un monde de jouet, du rêve, d’enfant justement : les scientifiques fous ne veulent pas détruire la planète, non, eux leur objectif secret de pouvoir sur le monde, c’est balancer des boules de neige à distance sur les gens avec un robot-pingouin géant ; les pires méchants du film ne violent pas, ne tuent pas, ils volent les murs de briques de la maison des héros (oulà, ça chauffe, parental advisory, explicit content !) ; les animaux du fermier ne sont jamais tués, il se contente de leur faire prendre des leçons de musique au conservatoire (un animal mélomane est un animal qui vit mieux). L’exagération constante, le délire du bricolage, le jeu sur l’effet de décalage (le cheval avec l’accent belge à couper au couteau qui est à la fois le patriarche et celui qui vit la grande love story du film) sont autant d’éléments qui participent au registre exclusivement comique du film ; même la séquence onirique de Cheval où il rêve de faire des pas de danse avec sa jument aimée, rappelant une scène de Chantons sous la pluie, y contribue, par son hommage chevalin et sa chute brutale (Steven, toujours ce bon vieux Steven).
Quand les auteurs veulent parodier, ils y vont à fond : ainsi, ils recréent le mythe de l’Atlantide, avec petits Atlantes, êtres verdâtres et pourvus de seyantes nageoires, grosse vague dévastatrice et terre perdue sous les eaux, mais à leur sauce, un super filtre Patar/Aubier qui transforme les Atlantes, êtres de sagesse et de connaissance, en petits gamins aux prénoms inattendus pour des êtres de sagesse et de connaissance (Jean-Paul et Gérard), qui bouffent des gaufres toute la journée avec leur irascible et pourtant douce et délicate maternelle, bref la démystification complète.

On n’oublie jamais tout à fait que ce sont des jouets, mais les deux réalisateurs misent aussi là-dessus, en laissant par exemple son seau dans la main de la fermière quand elle sort du lit, et par la saccade des images - d’ailleurs au début du film, ça heurte franchement nos sens, comme si le film allait à la fois trop vite et pas assez, Gebeka Filmssentiment qui s’estompe ensuite grâce à la fluidité de l’ensemble, et d’un montage rapide et efficace.

On ne saurait trop vanter l’affiche ‘Mozart en concert le 21 mars’.
On ne saurait trop encourager vivement à aller voir un film où les moutons retirent leur manteau de laine pour enfiler un coquet pyjama bleu pour dormir.
De toutes façons, un film qui commence avec un cheval dans son bain, ça ne pouvait être que bon.

Une vraie tuerie, pour vous ouvrir mon cœur sur la question. Le Masque et la Plume a parlé, je suggère une exécution rapide des ordres. Hop-hop-hop, du jarret, votre graisse ne va pas se déplacer jusqu'au ciné le plus proche tout seule. (toute ressemblance avec des personnes... non parce qu'après on va dire "elle insulte ses lecteurs...")




Bataillon d'Indiens pensifs (cliquez pour plus de photos du making-of)
 
Panique au village - ma note pour ce film :
Réalisé par Vincent Patar, Stéphane Aubier
Année de production : 2007
À l'origine
Quand j’étais escroc

http://www.inthemoodforcannes.com/media/02/01/1069428949.jpg

Mister Grenouille :

Les gens de la police

Me reconnaissaient.
Les excès de vitesse,
Je les payais jamais.
Toutes mes histoires
S'arrangeaient sur l'heure.
On m'pardonnait tous mes écarts
Quand j'étais .....escroc !

À l’origine, il y avait le post d’un ami sur facebook, «À l’origine, ne serait-il pas le meilleur film français de l’année ?!», deux heures plus tard, il y a la confirmation en critique !

Philippe Miller est un escroc solitaire qui vit sur les routes.
Un jour, il découvre par hasard un chantier d'autoroute abandonné, arrêté depuis des années par des écologistes qui voulaient sauver une colonie de scarabées.
L'arrêt des travaux avait été une catastrophe économique pour les habitants de cette région.
Philippe y voit la chance de réaliser sa plus belle escroquerie. Mais son mensonge va lui échapper.

http://www.actualite-de-stars.com/wp-content/uploads/2009/10/A-lorigine-Video-Still-1.jpg

Comment une telle escroquerie a-t-elle pu être possible, voilà la question que l’on se pose plusieurs jours encore après être sorti du film, le temps de se remettre du choc qu’est le dernier film de Xavier Giannoli. Après le drame mélancoliquement intimiste de Quand j’étais chanteur, Xavier Giannoli revient avec l’épopée envoûtante d’un escroc à la petite semaine, François Cluzet, homme secret, usé par la vie, sombrant dans la démesure. L’acteur fait de sa prestation grandiose de sobriété, une prestation plus que mémorable, l’acteur n’était pas apparu aussi puissant depuis Ne le dis à personne.
À ses côtés, Emmanuelle Devos et Gérard Depardieu, ne se privent pas de montrer la force de leur talent, dans des rôles secondaires passionnants. Mais c’est le couple de jeune accumulants petits boulots et grosses débrouilles (embrouilles) joué par Soko et Vincent Rottier, qui touche par sa sincérité.
Le titre du film, À l’origine, est une véritable ellipse, car Xavier Giannoli, dresse le portrait de cet homme, voulant être le propre acteur de cette nouvelle vie inventée, découpée dans les annuaires, montée de toutes pièces, sombrant dans la folie, ne sachant plus faire face à l’ampleur que ses mensonges accumulés prennent, perdant le contrôle dans l’apogée de cette histoire, de ce combat qu’il choisit de mener éperdument jusqu’au bout, pieds et poings liés, ne pouvant plus reculer, s’enfonçant dans le bourbier de ce chantier d’autoroute, sans jamais expliquer les origines de cet homme. Venu de nulle part, carte routière à la main, cet homme devenu l’homme providentiel, a réussi a faire renaître cette autoroute de l’espoir, mais qui perdue en plein champ ne mènent nulle part. Nulle part, comme le destin de cet homme qui s’arrête quand tel celui qui aurait gravi l’Evrest, ou marché sur la Lune, il plante son drapeau dans la butte qui surplombe un paysage au goudron encore fumeux.
Le réalisateur a choisi de déplacé ce fait divers inspiré de faits totalement réels dans un autre décor, celui du Nord. Tel Bruno Dumont dans Flandres, L'Humanité ou La vie de Jésus, Xavier Giannoli filme avec beaucoup de finesse, la beauté de ces paysages, transformant, les scènes de chantier, en scènes étourdissantes et grandioses. À l’image de ce film épique !

http://www.bricefournier.com/wp-content/uploads/2009/10/A-lorigine-Pict.png

Pour moi, il y a longtemps qu'c'est fini.
Je comprends plus grand'chose, aujourd'hui
Mais j'entends quand même des choses que j'aime
Et ça distrait ma vie...

À l’origine : Grandeurs et décadence

 
A l'origine - ma note pour ce film :
Réalisé par Xavier Giannoli
Avec François Cluzet, Emmanuelle Devos, Gérard Depardieu, ...
Année de production : 2008
Away we go
Sur la route de Madison, de Miami, du Canada et bien plus encore !

Mars Distribution

Mister Grenouille : Après avoir jouer les représentants en somnifères nommés «Les Noces Rebelles», Sam Mendès remet le couvert, avec un couple tellement plus cool, tellement plus fun, tellement plus «in», tellement plus loose-maternité... Mais bon «Obama-american way of life» oblige, voici une bonne dose d’optimisme pour trentenaire en désir de progéniture.

Lorsque Burt et Verona apprennent qu'ils vont devenir parents, c'est la panique. Ils détestent la ville de province où ils habitent, et maintenant que les parents de Burt déménagent, plus rien ne les y retient. Ils décident alors de partir à la recherche de l'endroit parfait où fonder leur famille. Sur leur chemin, ils rendent visite à leur famille et à de vieux amis. Certains leur paraissent fous à lier, d'autres leur donnent envie de suivre leur modèle... Mais finalement, tous vont aider à leur manière Burt et Verona à réaliser qu'ils n'ont peut être besoin que l'un de l'autre pour fonder leur foyer.

John Krasinski et Maya Rudolph. Mars DistributionJe suis rarement aussi dur dès les premières lignes, mais là le constat est quand même accablant. Away we go est l’archétype du film indé américain, pour trentenaires bobos en mal de gosses, ça tombe bien la salle en était remplie !
Prenez le road-movie façon Into the wild, la nature, la côté sauvage, les paysages à couper le souffle, ajoutez l’humour de Juno (qui parlait aussi de grossesse en fin de compte), avec un soupçon de road-trip en bagnole façon Little Miss Sunshine, et pour finir l’amour plutôt cool et décomplexé comme on pouvait le trouver dans 500 jours ensemble. Voilà tous les ingrédients du film indépendant parfait sont réunis, malheureusement cela ne suffit pas, car derrière un bon gâteau au John Krasinski et Maya Rudolph. Mars Distributionchocolat, il y a plus que des oeufs et du chocolat, il y a de la farine aussi mais surtout le tour de main de mamie Jacqueline (parole de mamie Jacqueline). Bref, film bien trop lisse, aux personnages principaux telleeeeeement mignons, rêvant du plus beaux des endroits pour accueillir leur mioche futur. Faut vraiment avoir trente ans pour être emballé. Ce qui nuit au film c’est cet enchaînement de personnages clichés, drôles parfois, chiants souvent, caricaturaux toujours, seule Maggie Gyllenhaal réussit à tirer son épingle du jeu, même si son personnage de mère hippie est quand même bien poussif. Autre point noir, dans ce film parfait (traité avec Biactol, évidemment !) c’est la musique, grande clé des films indés, et grand râté de ce film, dans le sens où, la musique est répétitive, répétitive et très répétitive. Les airs de guitares mélodieusement -Justin Nosuka- d'Alexi Murdoch lassent très très vite.
Alors bien sur, on rigole un peu, on passe un bon moment assurément, mais on frôle l’indigestion sans aucun doute.

John Krasinski, Maya Rudolph et Maggie Gyllenhaal. Mars Distribution John Krasinski, Maya Rudolph et Maggie Gyllenhaal. Mars Distribution John Krasinski et Maya Rudolph. Mars Distribution

Away we go : Les bébés naissent dans les guimauves
 
Away We Go - ma note pour ce film :
Réalisé par Sam Mendes
Avec John Krasinski, Maya Rudolph, Maggie Gyllenhaal, ...
Année de production : 2009
Thirst
Ceci est mon sang

Le Pacte

Song Kang-Ho. Le PacteMister Grenouille : Avant de voir Old Boy, j’ai décidé de rentrer dans l’univers de Park Chan-Wook avec Thirst, ceci est mon sang. Comme d’habitude je viens de faire le mauvais choix, comme à chaque fois que je veux découvrir une réalisateur, le premier film, ne me séduit pas, voir me rebute : Woody Allen, Stanley Kubrick, Park Can-Wook.

Donc voilà, autant être clair dès le départ je ne suis pas rentré dans l’univers de ce Thirst, j’ai passé les 2H13 (précises !) sur le bas côté, et 2H13 sur le bas-coté, c’est long !

Alors bien sûr, je reconnais un vrai style à Park Chan-Wook, un talent dans la réalisation, c’est incontestable, même une esthétique particulière à laquelle je n’ai pas du tout accroché...



Sang-hyun est un jeune prêtre coréen, aimé et respecté. Contre l'avis de sa hiérarchie, il se porte volontaire pour tester en Afrique un vaccin expérimental contre un nouveau virus mortel. Comme les autres cobayes, il succombe à la maladie mais une transfusion sanguine d'origine inconnue le ramène à la vie. De retour en Corée, il commence à subir d'étranges mutations physiques et psychologiques : le prêtre est devenu vampire. Mais la nouvelle de sa guérison miraculeuse attire des pélerins malades qui espèrent bénéficier de sa grâce. Parmi eux, Sang-hyun retrouve un ami d'enfance qui vit avec sa mère et son épouse, Tae-Ju. Il succombe alors à la violente attirance charnelle qu'il éprouve pour la jeune femme...

Kim Ok-Bin. Le Pacte Kim Ok-Bin. Le Pacte Song Kang-Ho. Le Pacte


Thirst, ceci est mon sang : Overdose.
 
Thirst, ceci est mon sang - ma note pour ce film :
Réalisé par Park Chan-wook
Avec Song Kang-Ho, Kim Ok-vin, Kim Hae-Sook, ...
Année de production : 2008
Le Concert
C'est comme le vélo, ça ne s'oublie pas !

EuropaCorp Distribution

Mister Grenouille : Critique du film Le Concert, vu mardi 3 novembre, en avant-première à l'UGC Danton en présence du réalisateur, Radu Mihaileanu et du producteur Alain Attal.

Lionel Abelanski. EuropaCorp DistributionAprès avoir fait une queue plutôt impressionnante pour pouvoir accéder à la salle "Prestige" du cinéma, on nous annonce que cette avant-première prévue avec "toute l'équipe du film" selon le site d'UGC, se fera uniquement avec le producteur, et le réalisateur (qui à la base n'était pas prévu nous apprend-t-on), UGC a une certaine manière de résumer "toute l'équipe du film" à une seule personne le producteur, un peu publicité mensongère sur les bords, mais passons ! La déception la plus grande, qui se fait sentir dans toute la salle, c'est l'absence de Mélanie Laurent, que tout le monde espérait, moi le premier. On ne parlait que d'elle dans la queue, les appareils photos resteront dans les sacs. Passons au film !

A l'époque de Brejnev, Andrei Filipov était le plus grand chef d'orchestre d'Union soviétique et dirigeait le célèbre Orchestre du Bolchoï. Mais après avoir refusé de se séparer de ses musiciens juifs, dont son meilleur ami Sacha, il a été licencié en pleine gloire. Trente ans plus tard, il travaille toujours au Bolchoï mais... comme homme de ménage.
Un soir, alors qu'Andrei est resté très tard pour astiquer le bureau du maître des lieux, il tombe sur un fax adressé au directeur : il s'agit d'une invitation du Théâtre du Châtelet conviant l'orchestre du Bolchoï à venir jouer à Paris... Soudain, Andrei a une idée de folie : pourquoi ne pas réunir ses anciens copains musiciens, qui vivent aujourd'hui de petits boulots, et les emmener à Paris, en les faisant passer pour le Bolchoï ? L'occasion tant attendue de prendre enfin leur revanche...

Valeri Barinov. EuropaCorp DistributionInspirés de faits plus ou moins réels, les attaques de Brejnev envers les musiciens juifs des orchestres russes dans les années 80, et la venue d'un faux orchestre du Bolsoï en Chine. Le tout, adapté librement, et vous obtenez Le Concert, un film plutôt bien maîtrisé et qui malgré quelques maladresses vous fait passer du rire aux larmes. Deux lectures du film étant proposées, la première toute en retenue et en émotion portée par Mélanie Laurent (encore ?! nous y reviendrons !) et Aleksei Guskov (le Depardieu russe, beaucoup, beaucoup moins cher, d'après Alain Attal), c'est la partie du concert en elle-même, l'harmonie ultime, la beauté de la musique, le concerto pour violon de Tchaïkovski, assez sublime. La deuxième, c'est la comédie, l'arrivée d'une troupe de bras-cassés russes à Paris, ce qui ouvre forcément un boulevard à la comédie. L'humour vient alléger la dureté du propos initial, façon Gogol Bordello, folie slave. Vodka ! Evidement, cela devient vite caricatural, assez grossier, et pas toujours bien senti, mais la plupart du temps ça fonctionne, la salle rit avec beaucoup de plaisir. Les russes aussi apparement, d'après les standing-ovations obtenues lors d'avant-premières en Russie, et les remerciements très émouvants de russes vivant en France, présents dans la salle. On aura du chauffage cet hiver !

Mélanie Laurent. EuropaCorp DistributionLa tête d'affiche du film, c'est bien sûr pour nous Mélanie Laurent, que tout le monde attendait et que tout le monde adore, moi le premier, mais contrairement à certaines personnes de la salle, je ne pense pas qu'elle soit mieux dans ce film que dans le dernier Tarantino. Mélanie Laurent que nous avons tous découvert dans Je vais bien ne t'en fais pas, nous avait ému, complètement bouleversé, alors voilà l'étiquette est tombée : "Mélanie Laurent nous fera chialer". J'adore Mélanie Laurent, elle m'a encore ému hier soir, mais j'aimerai la retrouver dans un autre registre, et c'est pour ça que j'apprécie son rôle dans le Tarantino, ou dans La Chambre des morts à l'époque. Même si ici, on peut admirer le travail effectué pour imiter une violoniste, je ne suis pas musicien, donc vraiment néophyte par rapport à la pratique du violon, mais j'ai trouvé ça plutôt crédible ....sauf le fait qu'elle n'ait pas de partition !

Aleksei Guskov et Mélanie Laurent. EuropaCorp DistributionRevenons aux faiblesses du film, qui se font de plus en plus sentir vers la fin, où l'humour commence à devenir maladroit à force de toujours en rajouter, l'exagération quand les russes sont à Paris fatigue un peu, et le final vraiment kitch à coups d'articles de presse (limite cheap dans le montage) et et de lancés de roses, le tout entre-coupé d'anticipations too much. Dommage.
Mais malgré ça, Le Concert fonctionne plutôt bien, tranformant cette équipe de "branques" en Rolling Stones du Théâtre du Châtelet. Happy-end et tout le tralala ! Plutôt trois étoiles que deux, et comme dit la formule d'Alain Attal (réalisateur du film de Canet, CQFD) "Si vous n'avez pas aimé, ne le dites à personne, et si vous avez aimé, dites-le à tout le monde et très vite"; C'est fait !


Aleksei Guskov et Mélanie Laurent. EuropaCorp Distribution Aleksei Guskov et Dimitry Nazarov. EuropaCorp Distribution EuropaCorp Distribution

Le Concert : "Va vite voir l'orchestre, et reviens !"
 
Le Concert - ma note pour ce film :
Réalisé par Radu Mihaileanu
Avec Mélanie Laurent, Aleksei Guskov, Dimitry Nazarov, ...
Année de production : 2008
La Proposition
Nous allons nous marier !


Walt Disney Studios Motion Pictures France

Mister Grenouille : La propositon est un navet américain comme on en voit défiler des tas sur les écrans, à la différence que celui-ci j’ai cru un instant qu’il allait être drôle.

 
Sandra Bullock et Ryan Reynolds. Walt Disney Studios Motion Pictures FranceAllez savoir pourquoi, La Proposition, a profité de très bonnes critiques, à la vue de la bande-annonce on peut comprendre, à la vue du film sûrement pas. Le plus gros problème de ce film c’est que les seuls passages qui nous permettent d’esquisser un petit sourire sont contenus dans 1 minute 30 de bande-annonce. Coup dur. Pendant l’autre 1H30 du film, on rame, on rame, on rame, en attendant la prochaine vanne que l’on connait déjà (merci la bande-annonce). La proposition fait donc parti de ces loupés qui misent tout sur leur bande-annonce, créant forcément un sentiment d’immense déception à la fin du film. Pas d’éclat de rire, pas de surprise, pas d’étonnements, tous les ingrédients remâchés et plus que clichés de la comédie romantique sont réunis ici. Une grande question demeure quand même : comment Sandra Bullock, qui au bout de quelques minutes (le triple de la bande-annonce) devient détestable, peut-elle enchaîner les films ?? Bon en résumé, passez votre chemin...

Sandra Bullock. Walt Disney Studios Motion Pictures France Ryan Reynolds et Sandra Bullock. Walt Disney Studios Motion Pictures France Betty White, Sandra Bullock, Mary Steenburgen et Malin Akerman. Walt Disney Studios Motion Pictures France

La proposition : Regrettable !

 
La Proposition - ma note pour ce film :
Réalisé par Anne Fletcher
Avec Sandra Bullock, Ryan Reynolds, Betty White, ...
Année de production : 2009
(500) jours ensemble
... ça fait beaucoup quand même

Twentieth Century Fox France

Tom : Joseph Gordon-Levitt

Summer : Zooey Deschanel

Mister Grenouille :

J'éclipse au second rang la critique de DZ car elle m'a tout simplement provoqué : "MG, cours voir ce film et dézingue-le en direct live sur le blog". Comment refuser ça, pouvoir dézinguer une comédie "romantique" en direct-live c'est tellement bon...me voilà parti pour 500 jours avec eux...et me voilà revenu ! Encenser une comédie "romantique" c'est encore mieux. DZ ne se relèvera pas mais 500 fois oui à (500) jours ensemble !


http://www.cinemovies.fr/images/data/photos/17014/500-jours-ensemble-2009-17014-193413275.jpg


Oui, oui, oui et encore oui à :

- Zooey Deschanel, à ses yeux bleux, ce regard, ce sourire, Oh my god, MG tu craques ! Faut pas craquer. Alors (500) fois oui à la manière dont elle pinces ses lèvres avant de parler, à son sourire, à sa beauté quand elle dort... et plus encore ! Ma nouvelle Scarlett "lost in translation".

- La BO surkiffante du film, on n'avait pas vu ça depuis Inglorious Basterds, Juno ou Good Morning England ! Alors (500) fois oui à Regina Spektor, à The Temper Trap, à Feist, aux Smith, à Mumm-Ra et même à Carla Bruni, tiens ! Oui, oui, oui et encore plus encore !

- La réalisation débridée de Mark Webb, à sa dédidace en prologue, à ses split-screen, à ses flash-back... Qui font passer les (500) jours ensemble, en 500 jours de joies, de peines, de bonheur, de fragilité. Alors (500) fois oui et plus encore !

- Cette histoire, somme toute banale, d'un amour du quotidien, à celui d'une génération qui rêve du grand amour, en sachant qu'elle ne l'atteindra jamais, en sachant qu'il n'existe pas en dehors de films, des livres, des musiques qui nous mentent. Mais elle espère encore. Alors (500) fois oui à cette anti-comédie-romantique; car comme aurait dit Magritte "Ceci n'est pas une histoire d'amour"

 http://a31.idata.over-blog.com/600x299/2/27/79/51/Preview/500days.jpg

(500) jours ensemble : Tellement frais qu'on ne l'espérait plus !
Vivement l'été ! (jeu de mot, jeu de mot)


Docteur Zélie :

La plus grande comédie romantique 2009 (pardon, film générationnel -trop fastoche, trois titres un peu underground et emballé c’est pesé) ne passant de toute évidence pas par MG (les ultimes perversions de mymp l’entrainant vers Démineurs plutôt que vers La proposition, apparemment), je me suis gentiment dévouée (et subi un lobbying passionné et vestimentaire de la part de Vincent) pour aller arroser mon âme de rose bonbon et faire le plein jusqu’au prochain.


Putain, la prochaine fois, c’est toi qui t’y colles mon vieux.

Joseph Gordon-Levitt et Zooey Deschanel. Twentieth Century Fox FranceLe film, comme le dit très honnêtement le narrateur dans les cinq premières secondes, est l’histoire d’un garçon qui rencontre une fille. Bon. Voyons voir ce qu’on va bien pouvoir faire avec ça. « Pas grand-chose » , c’est une option à ma gauche… « peut-être encore un peu moins » chuchote-t-on à ma droite… « et si finalement on spoilait tout le final dès le début pour le rendre carrément trépidant ? » entends-je monter du fond. YES. That’s the spirit. Petite tu iras loin. Le film regorge d’idées au niveau du format : construit sur une série de flash-backs/flash-forwards gentiment séparés par un beau carton fleuri avec le chiffre pour qu’on sache où on en est dans le bordel émotionnel qui unit Tom et Summer, le film a pris l’option rapide de livrer directement l’issue de leur relation pour se concentrer sur les petits détails qui ont fait leur histoire et découvrir pourquoi, pourquoi, pourquoi Tom, cet être sympathique qui aime les cravates et à qui on voudrait ébouriffer les cheveux, tombe amoureux de Summer, cette chieuse professionnelle qui se la joue femme indépendante et libérée et qui se marie somptueusement à la fin du film avec bague et bagages. Pour le coup ça sort de nulle part. La diatribe anti-amour en prend un sévère coup dans les gencives. Nous aussi. Les contradictions s’enchainent : il n’y a pas de destin, clame Tom qui a repris du poil de la bête depuis l’échange avec Summer le 500e jour qui clôt définitivement leur relation. Et puis paf, comme la parfaite illustration de l’histoire d’amour fulgurante de Summer racontée quelques minutes plus tôt, Tom rencontre son nouvel amour, baptisée (attention les yeux) Autumn. « Ooh » disent les yeux de Tom tout ébloui par le destin qui, finalement, a bien l’air d’exister. C’est magique, c’est beau. Ça ne convainc pas, surtout. On a l’impression d’enchainer les poncifs dans le film, en plus de dialogues vraiment navrants et d’un comique soit très attendu, soit inexistant (la meilleure blague du film étant l’insulte à Jenny Beckman que le réalisateur adresse à son ex en forme de prologue à son film, c’est dire), et, c’est bête à dire, mais les artifices de jeu, les accentuations volontaires et humoristiques, ce qui marche dans une série télé typeJoseph Gordon-Levitt et Zooey Deschanel. Twentieth Century Fox France How I met your mother, ne va pas fonctionner forcément dans un film (par exemple « Ce sont les Smiths -Tiens je ne savais pas que tu les aimais -Oh si j’adore les Smiths / regard interloqué et regain d’intérêt de la part de Tom pour cette donzelle au goût musical si assuré finalement).

Il n’y a pas de réel intérêt pour l’action, peu dynamisée par des personnages secondaires complètement laissés à l’abandon (les deux potes, la sœur étrange et précoce dont on s’attend presque à ce qu’elle parle de ses trois avortements entre deux parties de foot), pour une narration qui ponctue presque chaque phrase d’une référence musicale ou culturelle contemporaine (oui, Anna, les Beatles, vachement contemporain, effectivement !) en une sorte d’exhibition triomphante dans la « ville la plus cool du monde » qui laisse un peu perplexe.


Malgré tout cela, le film réussit à ménager des moments de merveilleux ou d’improbable, une sorte de poésie graphique qui nait entre eux en de brefs éclairs (quand il lui dessine sur le bras un panorama de sa ville idéale), qui dit bien plus que leurs pénibles dialogues unilatéraux ou complètement clichés ("je n’ai jamais dit ça à personne -Oh doux Jésus, poussin, je sors le champagne, huître tu étais, tu t'ouvres enfin !"), notamment l’allégorie du lendemain du sexe passionné avec la danse qui finit par inclure toute la rue, ses passants tous habillés en bleu et une fanfare (let’s celebrate !), moment complètement inattendu et volontiers bienvenue.
Dans Joseph Gordon-Levitt et Zooey Deschanel. Twentieth Century Fox Francele même genre, il y a des effets de montage habiles et efficaces (celui de l’ascenseur où il rentre heureux et pimpant, il sort désemparé et un brin barbouillé), ou de split-screen qui, en cloisonnant littéralement son fantasme de retrouvailles d'un coté et la réalité de l'autre, met le spectateur à contribution et crée de l’empathie pour Tom là où on n’en avait pas dans une construction plus classique du film, en nous faisant franchement rentrer dans son imagination déçue, en faisant ses espoirs les nôtres. Il est dommage de constater que ce sont ces rares moments qui font l’originalité du traitement du film, car on suit plutôt de loin le reste de leurs tribulations menés par deux personnages plus ou moins charismatiques (Zooey Deschanel m’a fait du mal ce jour-là). L’impression de sempiternel déjà-vu domine, un ensemble mièvre que les délires visuels peinent à sauver, bref un film que MG aurait dû aller voir car il se le serait fait en beauté.



Message perso à mymp qui bataille clairon au vent pour de meilleures conditions de publication chez Allociné : je n'ai eu que deux DATA ERROR (?!) pour publier, tu vois qu'ils font des efforts !
 
(500) jours ensemble
Réalisé par Marc Webb
Année de production : 2007
Blogueurs en colère !


Depuis des mois, éditer un article sur l’interface d’Allociné devient un exercice de plus en plus difficile et compliqué. Entre les temps d’attente interminables, les surcharges de connexion, les outils graphiques qui ne fonctionnent pas, la limite de stockage ridicule, Allociné nous offre un éventail complet de désagréments et d’énervements qui donnent envie d’aller voir ailleurs (en à peine une semaine, 4 blogueurs, et pas des moindres, sont partis vers de meilleurs horizons).
C’est pourquoi, dans la mesure où d’autres blogueurs désirent s’associer à ce ras-le-bol général, déjà relayé sur pas mal d’autres blogs, je vous invite à exprimer ici votre mécontentement ou à recopier cet article sur votre blog (et ainsi de suite), espérant peut-être faire comprendre aux hautes instances d’Allociné que cela ne sert à rien de jouer la sourde oreille ou de préférer la politique de l’autruche. Et leur faire admettre, surtout, qu’il faut réellement améliorer l’interface (peut-être prévu avec le lancement prochain de la nouvelle version du site) déficiente et presque obsolète qui tient lieu aujourd’hui de pauvre système d’édition.
Nous participons, dans une certaine mesure, à la renommée et à l’efficacité d’Allociné (sans parler des retombées publicitaires), il serait bien alors que notre hébergeur prenne enfin en compte nos revendications et nos contrariétés, et arrête de nous traiter comme des vaches à lait à qui l’on ne doit absolument rien.
(Illustration d’Aaron Martin)
 
Si vous aussi vous en avez ras-le-bol, copiez-coller ce message en une de votre blog !


 
Première page | <<< | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | >>> | Dernière page